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Identités, savoirs, aménagement. Décentralisation et recompositions territoriales infra-étatiques. Approches contemporaines

Séminaire suspendu en 2008-2009
 

Compte rendu 2007-2008 : Marie-Vic Ozouf-Marignier

Sur la base des acquis tirés des séances des années antérieures, le séminaire s’est organisé en 2007-2008 sous la forme d’un atelier collectif de travail préparatoire au dépôt d’une candidature à un programme de recherche financée. Le thème en était « la part de l’histoire » – pour reprendre la problématique autrefois développée par le géographe Roger Dion – dans les recompositions territoriales actuelles, en France et en Europe. A l’heure actuelle, en effet, on a coutume d’établir une opposition entre territoires traditionnels (institutionnels) et nouveaux territoires (territoires de projet). Il s’agit alors d’opposer un passé considéré comme obsolète et chargé d’inertie ou d’inefficacité à un présent (ou futur) porteur de rationalité et de développement.

Un deuxième système d’opposition met en vis-à-vis les territoires institutionnels et les territoires fonctionnels. Il s’agit toujours de confronter les territoires administratifs traditionnels et les territoires de projet, censés s’adapter plus adéquatement à la réalité des pratiques sociales et économiques. Les discours dénoncent l’artificialité des premiers et escomptent de la pertinence des seconds. Derrière ce système d’idées se dessine aussi une utopie ancienne qui consiste à fonder un fonctionnement sur une forme. Nous interrogeons cette deuxième dialectique. Est-ce le statut même de fait institutionnalisé qui génère inertie et perte de pertinence ? Comment rendre compte de la prétention des territoires de projet à s’inscrire dans la durée et à être consacrés par une reconnaissance (on parle en effet de territoires « reconnus ») officielle, voire par le suffrage ? Enfin, des territoires institutionnels ne peuvent ils générer une gestion efficace ?
 

Plus largement, la fréquence des recours argumentatifs à l’histoire et au patrimoine dans les chartes de développement des territoires de projet témoigne de la manière dont le nouveau se compose de réappropriations et de recompositions des héritages et de la mémoire. Qu’ils s’agissent de limites territoriales, d’institutions, de valeurs symboliques, de produits, d’architecture ou de paysage, l’enracinement dans le passé ou la mémoire conduit à un processus de patrimonialisation qui transforme le contenu territorial en ressource pour le développement.

Marie-Vic Ozouf-Marignier a mené une recherche sur les chartes de territoire élaborées à l’appui de projets de développement (dans la Gâtine poitevine, le Tonnerrois et le val d’Aubois). Elle a étudié le contenu de la notion de ressource territoriale et notamment, l’utilisation du patrimoine (matériel et immatériel, naturel et historique) et des éléments culturels comme moteurs du développement.
Plusieurs exposés ont porté sur les relations entre circonscriptions anciennes et nouveaux territoires, sur les jeux et rejeux de l’histoire du point de vue des tracés (étude cartographique) et des identités et pratiques territoriales, examinés à partir de terrains français et européens (interventions de Daniel Schweitz sur l’évolution des territoires du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire, de Julien Aldhuy sur le Sud-ouest aquitain, de Christophe Queva sur le développement régional en Allemagne, de Guillaume Vergnaud sur la Catalogne). D’autres travaux ont exploré le registre symbolique en s’intéressant à la reprise d’éléments mémoriels ou patrimoniaux dans la valorisation des nouveaux territoires que sont les pays issus des lois d’aménagement ou les collectivités territoriales, dynamisées par la décentralisation (étude des images territoriales d’après les sites web des pays, par Annie Sevin ; étude des chartes et sites web des pays limousins, par Aurélien Fabre ; étude des logotypes régionaux et départementaux, par Antoine Brochard).Le séminaire a également accueilli l’exposé de Maria-Isabel Valderama sur les inégalités socio-spatiales engendrées par l’implantation des infrastructures électriques en Colombie.

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CNRS

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Dernière modification :
18/01/2018